78 rue de la Charité, Lyon 2ème

Notre histoire, entre Ainay et Perrache

Au 78 rue de la Charité, le Lyo Hôtel occupe un immeuble lyonnais du XIXe siècle, à quelques minutes de la gare Perrache, de la place Carnot et du quartier d’Ainay.

Notre histoire, entre Ainay et Perrache

Derrière cette adresse discrète du 2e arrondissement, l’hôtel raconte une histoire à plusieurs échelles : celle de la Presqu’île qui s’étend vers le sud, celle d’un quartier transformé par le projet Perrache, la gare, les grandes places et les équipements urbains, puis celle d’un petit hôtel indépendant qui s’est adapté au fil des générations.

Cette page rassemble ce que l’on sait aujourd’hui : les éléments documentés par les sources publiques, les annuaires et plans anciens consultés aux archives, ainsi que la mémoire interne de l’hôtel.

Plan cadastral ancien du quartier Ainay
Section L dite d’Ainay, feuille n°4, Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, cote 3P969.
Plan de 1899 autour du 78 rue de la Charité
Plan de 1899 fourni par l’établissement, montrant le 78 rue de la Charité et l’ancienne manufacture des tabacs.
Façade de l’Hôtel de la Marne en mars 2020
Photographie prise en mars 2020, montrant encore l’enseigne Hôtel de la Marne au 78 rue de la Charité.

Une adresse dans le sud d’Ainay

Le Lyo Hôtel se situe rue de la Charité, dans le quartier d’Ainay et près de Perrache. Ce secteur forme depuis longtemps une zone de transition dans Lyon : on y arrive par la gare, on rejoint la Presqu’île à pied, on remonte vers Bellecour, on descend vers Confluence.

Avant d’être un quartier de gare, cette partie sud d’Ainay s’inscrit dans la grande histoire de l’extension de Lyon vers le confluent. Au XVIIIe siècle, Antoine-Michel Perrache propose de gagner des terrains au sud de la Presqu’île en repoussant le confluent du Rhône et de la Saône vers La Mulatière.

Cette opération transforme durablement la partie méridionale de Lyon. Même si les travaux sont longs et complexes, l’organisation actuelle du quartier entre Ainay, la place Carnot et le cours de Verdun découle largement de cette grande entreprise urbaine.

Le cours de Verdun et la place Carnot

L’actuel cours de Verdun, ancien cours du Midi, est l’un des grands repères de la transformation urbaine du sud de la Presqu’île.

Au début du XIXe siècle, la municipalité poursuit l’urbanisation du quartier neuf. En 1816, la grande place prévue est déplacée vers le sud, à l’emplacement de l’actuelle place Carnot, et ouverte sur le cours du Midi.

Le cours du Midi devient progressivement un grand axe de liaison entre Rhône et Saône. La place Carnot prend alors une position centrale : elle organise les circulations entre Ainay, Perrache, le cours de Verdun, la rue Victor-Hugo, la rue de la Charité et les abords de la future gare.

Avec l’arrivée de la gare de Lyon-Perrache au XIXe siècle, le quartier devient un lieu d’arrivée, de départ, de passage et d’hébergement. Le Lyo Hôtel s’inscrit dans cette géographie : une adresse proche de la gare, mais légèrement en retrait, dans une rue plus calme.

Accès depuis la gare Perrache

L’immeuble du 78 rue de la Charité

Avant d’être une adresse hôtelière, le 78 rue de la Charité est d’abord un immeuble de rapport lyonnais.

Un immeuble de rapport est un bâtiment construit pour produire des revenus locatifs. Contrairement à un hôtel particulier, pensé pour une seule grande famille, il est divisé en plusieurs appartements ou locaux loués à différents occupants.

La construction du 78 rue de la Charité peut être datée approximativement des années 1840-1850, d’après plusieurs indices architecturaux qui le rapprochent du style Louis-Philippe tardif : une façade sobre, une composition régulière, des proportions verticales et une architecture urbaine discrète.

Cette datation reste une hypothèse architecturale. Elle devra être confirmée par des recherches plus approfondies dans les archives cadastrales, notariales ou administratives.

À l’époque probable de la construction de l’immeuble, la partie sud de l’actuelle rue de la Charité ne portait pas encore ce nom. Elle s’appelait alors rue de la Liberté, comme le montrent les plans anciens consultés.

De l’immeuble à l’Hôtel de la Marne

L’histoire hôtelière du 78 rue de la Charité est désormais mieux documentée par les annuaires consultés aux Archives municipales de Lyon.

L’existence de l’Hôtel de la Marne à cette adresse est attestée dès 1923. Cette année-là, le propriétaire ou exploitant indiqué dans l’annuaire est Monsieur Connut.

À partir de 1925, les annuaires mentionnent Louis Victor Pouzache à la tête de l’Hôtel de la Marne. Il dirige l’établissement pendant une longue période, au moins jusqu’en 1945. Après lui, sa veuve poursuit l’exploitation de l’hôtel, attestée dans les annuaires au moins jusqu’en 1959.

Les recherches cadastrales ajoutent une nuance importante à cette histoire. Les annuaires permettent de suivre l’exploitation de l’Hôtel de la Marne, tandis que les cadastres renseignent plutôt la propriété des murs. Or, les cadastres numérisés indiquent qu’en 1944, l’immeuble du 78 rue de la Charité appartient encore à M. Foulimion.

La famille Pouzache semble donc avoir exploité l’hôtel pendant de longues années sans être propriétaire de l’immeuble. Cette situation était courante pour de petits hôtels urbains installés dans des immeubles de rapport : l’hôtel pouvait être exploité comme fonds de commerce, tandis que les murs appartenaient à un autre propriétaire.

Les cadastres de 1964 et 1978 montrent ensuite la famille Pouzache comme propriétaire de l’immeuble. L’histoire du lieu prend alors une dimension plus familiale encore : après avoir exploité l’Hôtel de la Marne pendant plusieurs décennies, la veuve Pouzache ou la famille Pouzache finit par acquérir les murs, puis les conserve même après que l’hôtel n’est plus directement exploité par cette famille.

L’histoire de la famille Pouzache croise aussi celle de la Seconde Guerre mondiale. Hippolyte Pouzache, fils de Louis Victor Pouzache, fut déporté et mourut en 1945. Une plaque commémorative apposée sur l’immeuble du 78 rue de la Charité porte aujourd’hui sa mémoire : Hippolyte Pouzache, 1888-1945, martyr de la Déportation. Elle donne à la façade une dimension plus intime et plus grave : celle d’une adresse où l’histoire d’un hôtel familial rejoint l’histoire tragique du XXe siècle.

Ces éléments donnent au lieu une profondeur historique rare : le 78 rue de la Charité n’est pas seulement un ancien hôtel de quartier, mais l’une des adresses hôtelières les plus anciennes encore en activité dans la rue de la Charité à Lyon. Sans en faire un monument figé, cette continuité donne au Lyo Hôtel la dimension d’un hôtel historique à Lyon Perrache, encore vivant et transformé au fil des usages. À ce jour, il semble même s’agir du plus ancien hôtel de la rue toujours exploité.

La mémoire interne de l’établissement conserve aussi le souvenir d’un petit hôtel organisé autour du premier étage. L’établissement comptait alors dix chambres, toutes situées au premier étage.

Le confort était celui d’un petit hôtel urbain de son époque : les chambres étaient simples, et les toilettes se trouvaient sur le palier, partagées par l’ensemble des chambres.

Une photographie datée du 11 juin 1961 montre la façade avec l’inscription Hôtel de la Marne, au-dessus d’un groupe d’étudiants photographiés le premier jour du baccalauréat. Elle donne un repère concret de l’ancien nom de l’établissement et de sa présence dans la rue.

Une photographie prise en mars 2020, peu après la reprise de 2019, montre encore l’enseigne Hôtel de la Marne sur la façade et l’entrée éclairée au 78 rue de la Charité.

Ce modèle correspondait à une forme courante d’hôtellerie de ville : un petit hôtel installé dans un immeuble existant, proche d’une gare, pensé pour accueillir des voyageurs de passage, des professionnels, des habitués ou des visiteurs venus découvrir Lyon.

Les transformations du bâtiment

Le Lyo Hôtel actuel s’est développé par étapes, en réutilisant les espaces disponibles de l’immeuble, du rez-de-chaussée et de la cour.

Dans les années 1980, le propriétaire de l’hôtel vivait sur place, au rez-de-chaussée. Les actuelles chambres 15 à 18 correspondaient alors à un bar-restaurant indépendant, distinct de l’activité hôtelière.

Les chambres 11 et 12, situées à l’entrée de la cour, correspondent à d’anciennes loges de gardiennage. Ces espaces ont ensuite été reconvertis en hébergement pour le personnel de l’hôtel, avant de devenir des chambres dans les années 1990.

La numérotation conserve elle aussi la trace des transformations : les chambres 6 et 9 n’existent plus aujourd’hui. La chambre 6 a été réunie avec la chambre 5 afin de créer une chambre quadruple, mieux adaptée aux familles ou aux petits groupes. La chambre 9, trop petite et peu accessible, a été transformée en bureau.

En 2008, l’ancien hangar utilisé comme parking dans la cour est transformé en huit chambres. Là encore, l’histoire du lieu se lit dans ses changements : un premier étage hôtelier, des espaces du rez-de-chaussée réaffectés, des anciennes loges converties, des chambres réunies, puis une cour réinventée.

Voir les chambres

Lyo Hôtel aujourd’hui

Les propriétaires actuels reprennent l’établissement en 2019. Depuis, l’hôtel poursuit sa transformation avec des investissements réguliers et de nombreuses rénovations.

À l’été 2023, la façade est rénovée. C’est également à cette période que l’établissement prend le nom Lyo Hôtel, en référence à Lyon et à son ancrage local.

En janvier 2025, les propriétaires actuels reprennent également le Cris Hôtel, hôtel 3 étoiles de 41 chambres situé à Corbas, en zone d’activité, à une quinzaine de kilomètres au sud de Lyon. Avec le Lyo Hôtel, au cœur de la Presqu’île, et le Cris Hôtel, implanté au sud de l’agglomération lyonnaise, ils forment désormais un petit groupe hôtelier lyonnais : Salvagny.

À l’automne 2025, le rez-de-chaussée du Lyo Hôtel est entièrement rénové afin de repenser l’accueil, les espaces communs et l’expérience des voyageurs.

Aujourd’hui, le Lyo Hôtel reste un hôtel indépendant près de Perrache, à taille humaine, ouvert toute l’année. Une équipe de sept salariés accueille les voyageurs 24h/24, qu’ils viennent pour un séjour touristique, une nuit étape, un déplacement professionnel ou quelques jours à Lyon.

Repères chronologiques

Antoine-Michel Perrache propose d’étendre Lyon vers le sud en repoussant le confluent du Rhône et de la Saône. Son projet, d’abord refusé, est adopté en 1770.

La Compagnie Perrache porte les travaux. Le projet est ensuite régularisé et modifié sous l’influence de Soufflot.

Le sud d’Ainay et le quartier Perrache se structurent progressivement. En 1816, la grande place prévue est déplacée vers le sud, à l’emplacement de l’actuelle place Carnot.

Le plan de distribution de la Presqu’île fixe l’organisation du cours du Midi, devenu cours de Verdun. Le cours est relié à la Saône en 1828, puis au Rhône en 1847.

L’immeuble du 78 rue de la Charité semble avoir été construit au milieu du XIXe siècle. Cette datation reste une hypothèse architecturale à confirmer par les archives cadastrales ou notariales.

La gare de Lyon-Perrache est inaugurée. Sa présence renforce le rôle du quartier comme lieu d’arrivée, de passage et d’hébergement.

Les plans anciens consultés montrent le 78 rue de la Charité dans son îlot, face à l’ancienne manufacture des tabacs, à proximité de la place Carnot et de la rue Duhamel.

L’existence de l’Hôtel de la Marne au 78 rue de la Charité est attestée dans les annuaires consultés aux Archives municipales de Lyon. Le propriétaire ou exploitant indiqué est alors Monsieur Connut.

Louis Victor Pouzache apparaît comme propriétaire ou exploitant de l’Hôtel de la Marne.

Les cadastres numérisés indiquent que l’immeuble du 78 rue de la Charité appartient alors à M. Foulimion. Cette information montre que la famille Pouzache exploite vraisemblablement l’Hôtel de la Marne sans être encore propriétaire des murs.

Louis Victor Pouzache exploite encore l’établissement, d’après les annuaires. La même année, Hippolyte Pouzache, membre de la famille, meurt en déportation. Une plaque commémorative lui rend aujourd’hui hommage sur l’immeuble.

La veuve Pouzache est encore mentionnée dans les annuaires comme exploitante de l’Hôtel de la Marne. Quelques années plus tard, les cadastres montrent que la famille Pouzache devient propriétaire de l’immeuble.

La photographie du 11 juin 1961 montre encore l’inscription Hôtel de la Marne en façade.

Les cadastres mentionnent désormais la famille Pouzache comme propriétaire de l’immeuble. Après plusieurs décennies d’exploitation, la famille semble avoir acquis les murs du 78 rue de la Charité.

Les cadastres indiquent encore la famille Pouzache comme propriétaire de l’immeuble, signe que les murs sont conservés par la famille même après l’évolution de l’exploitation hôtelière.

Le propriétaire vit au rez-de-chaussée. Les actuelles chambres 15 à 18 correspondent alors à un bar-restaurant indépendant, distinct de l’activité hôtelière.

Les anciennes loges de gardiennage, devenues logements pour le personnel, sont transformées en chambres.

L’ancien hangar de cour, utilisé comme parking, devient un ensemble de huit chambres.

Les propriétaires actuels reprennent l’établissement.

Une photographie de la façade montre encore l’enseigne Hôtel de la Marne au 78 rue de la Charité, avant la rénovation de 2023 et le passage au nom Lyo Hôtel.

La façade est rénovée et l’établissement prend le nom Lyo Hôtel.

Salvagny reprend également le Cris Hôtel, hôtel 3 étoiles de 41 chambres situé à Corbas, au sud de Lyon.

Le rez-de-chaussée du Lyo Hôtel est entièrement rénové avec une nouvelle organisation de l’accueil et des espaces communs.

Une équipe de sept salariés accueille toute l’année des voyageurs français et étrangers, 24h/24, au cœur de Lyon Perrache.

Questions fréquentes

Réponses rapides aux recherches les plus fréquentes autour du Lyo Hôtel.

Quand l’immeuble du Lyo Hôtel a-t-il été construit ?

L’immeuble peut être daté approximativement des années 1840-1850. Cette hypothèse repose sur des indices architecturaux qui le rapprochent du style Louis-Philippe tardif lyonnais. Elle reste à confirmer par des recherches cadastrales ou notariales.

Qu’est-ce qu’un immeuble de rapport ?

Un immeuble de rapport est un immeuble construit pour être loué à plusieurs occupants et produire des revenus locatifs. Au XIXe siècle, ce type de bâtiment est très courant dans les villes.

La rue de la Charité a-t-elle toujours porté ce nom ?

Non. À l’époque probable de la construction de l’immeuble, la partie sud de l’actuelle rue de la Charité s’appelait rue de la Liberté. Le nom actuel rappelle plus largement la mémoire de l’ancien hôpital de la Charité.

Quel était l’ancien nom du Lyo Hôtel ?

L’ancien nom documenté de l’établissement est Hôtel de la Marne à Lyon, attesté au 78 rue de la Charité dès 1923 dans les annuaires consultés aux Archives municipales de Lyon.

Depuis quand l’hôtel existe-t-il ?

L’existence de l’Hôtel de la Marne au 78 rue de la Charité est attestée dès 1923 dans les annuaires consultés aux Archives municipales de Lyon. L’établissement a ensuite été exploité pendant plusieurs décennies par la famille Pouzache, avant de devenir progressivement le Lyo Hôtel actuel.

Quel est le plus ancien hôtel encore en activité rue de la Charité ?

D’après les recherches effectuées à ce jour, le Lyo Hôtel, ancien Hôtel de la Marne, semble être le plus ancien hôtel de la rue de la Charité encore en activité, avec une présence attestée dès 1923.

Les exploitants de l’hôtel possédaient-ils aussi l’immeuble ?

Pas toujours. Les annuaires permettent de suivre les exploitants de l’Hôtel de la Marne, tandis que les cadastres renseignent la propriété des murs. En 1944, l’immeuble appartient encore à M. Foulimion, alors que la famille Pouzache exploite l’hôtel depuis plusieurs années. Les cadastres de 1964 et 1978 montrent ensuite la famille Pouzache comme propriétaire de l’immeuble.

Où se trouvaient les premières chambres de l’hôtel ?

Les premières chambres dont la mémoire interne conserve le souvenir étaient situées au premier étage de l’immeuble. L’hôtel comptait alors dix chambres, avec des toilettes communes sur le palier.

Le bar-restaurant faisait-il partie de l’hôtel ?

Non. Dans les années 1980, l’espace correspondant aujourd’hui aux chambres 15 à 18 était un bar-restaurant indépendant, distinct de l’activité hôtelière.

Pourquoi certaines chambres semblent manquer dans la numérotation ?

Les chambres 6 et 9 n’existent plus aujourd’hui. La chambre 6 a fusionné avec la chambre 5 pour créer une chambre quadruple. La chambre 9, trop petite et peu accessible, a été transformée en bureau.

Quand l’établissement est-il devenu Lyo Hôtel ?

Le changement de nom a eu lieu à l’été 2023, à la même période que la rénovation de la façade.

Le Lyo Hôtel fait-il partie d’un groupe hôtelier ?

Oui. Le Lyo Hôtel fait partie de Salvagny, un petit groupe hôtelier lyonnais également composé du Cris Hôtel, hôtel 3 étoiles de 41 chambres situé à Corbas, au sud de Lyon.

Le Lyo Hôtel est-il un hôtel indépendant ?

Oui. Le Lyo Hôtel reste un hôtel indépendant, à taille humaine, ouvert toute l’année, avec une équipe présente 24h/24.

Sources et repères